On les appelle les souffre-douleurs ou les têtes de Turcs. Ce sont des enfants qui sont harcelés à l'école primaire. Ils sont moqués, brimés [traités de façon humiliante], agressés... Selon une étude de l'Unicef, 1 enfant sur 10 en serait victime.
Pour faire cette étude, l'Unicef France (Fonds des Nations unies pour l'enfance), a interrogé 12 000 enfants âgés de 8 à 11 ans. 9 sur 10 disent n'avoir aucun problème avec leurs copains. Mais le problème, ce sont les autres : 1 sur 10 avoue être victime de harcèlement et de maltraitance à l'école.
Concrètement, de quoi sont-ils victimes ? Ils ont des surnoms méchants, on leur pique leur goûter et on se moque d'eux parce qu'ils sont nuls en sport ? Classique. Mais la cruauté dans la cour de récré va bien plus loin : certains enfants sont forcés de participer à des jeux dangereux, parfois même de se déshabiller, d'autres sont frappés et ils sont menacés en permanence.
C'était le lot quotidien du jeune Louis, à l'école primaire près de Montpellier (Hérault). Les enseignants n'ont rien remarqué jusqu'à ce qu'un remplaçant découvre le calvaire du petit garçon. Il a alerté les parents et leur a conseillé de changer d'école. Aujourd'hui, Louis est en 6e , il va bien, mais il est incapable de parler de ce qu'il a vécu en primaire. Son statut de victime a été reconnu puisque l'Etat a été condamné par la justice pour défaut de surveillance de la part de la direction de l'école.
Quand on est victime de maltraitance à l'école, c'est grave. On peut en garder des traces psychologiques [dans sa tête] toute sa vie. Il ne faut pas se taire. Il faut en parler à ses parents, à un enseignant, à un adulte.
Après, il y a plein de façons d'apprendre à résister et à avoir confiance en soi : quelques mois après son calvaire, Louis a reçu un prix pour un dessin sur la résistance des enfants à la violence. Théo, victime en primaire, a 13 ans aujourd'hui : il va commencer la boxe et va pouvoir exprimer sa rage sur les punching-ball !
Source. JDE